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TEST BLU-RAY (US)GRAN TORINO

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non conforme TEST BLU-RAY (US)GRAN TORINO

Message par cineblu ray le Ven 17 Juil - 8:44

Présenté fût un temps comme un nouvel épisode de L'inspecteur Harry, ce nouveau Eastwood semblait annoncer le retour d'un Clint antipathique dans une petite oeuvre virulente aux accents seventies qui rendrait hommage à Don Siegel, son maître, avec lequel il a tout vécu (Les proies comme L'inspecteur Harry). Pour ceux qui n'aiment pas la sobriété classique de ses derniers longs-métrages et restent désarmés sans réussir à les apprécier plus que de raison, Gran Torino ressemble un peu à une revanche. Le Blu-Ray US vient nous rappeler à quel point Clint Eastwood réussit avec ce film à nous réconcilier avec le cinéma. A ne manquer sous aucun prétexte...
Format 2.35 - 16/9 compatible 4/3 - Double couche

Compression vidéo : VC1
Interactivité : standard
Dolby TrueHD : 5.1


Langages : Anglais DD 5.1 - Français (Québécois) DD 5.1 - Anglais TrueHD 5.1 / Espagnol DD5.1

Sous-titres : Anglais / Français / Espagnol...
GRAN TORINO
Réalisateur: Clint Eastwood
Acteurs : Clint Eastwood, Bee Vang, Cory Hardrict, Geraldine Hughes, Brian Haley, Dreama Walker
Durée : 116 minutes
Suppléments : L’homme au volant. Gran Torino : Plus qu’une voiture. La façon Eastwood.

Critique Image ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ /10
Tout bonnement superbe et un transfert VC-1 frisant la perfection. On retrouve un léger grain originel, texturant de très belle façon l'image, et une colorimétrie reprenant avec une grande fidélité les choix esthétiques de Eastwood (même si l'on peut avoir l'impression d'une image par moments un peu trop bouchée). Si par de rares instants l'image peut paraître douce, cela n'empêche jamais la définition de briller. Le piqué nous délivre une précision de tous les instants et les noirs accusent une superbe profondeur et jouent habilement avec les nuances. Il se dégage un aspect tridimensionnel subtil, mettant en valeur chaque plan du film. Pour sa part, la compression brille par sa fluidité et le confort visuel est total et garanti un visionnage de haute volée.


Critique Son ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ /10
La piste Dolby TrueHD 5.1 anglaise, toute harmonieuse qu'elle soit, n'accuse pas une énorme différence avec la piste Dolby Digitale 5.1 (également présente sur cette édition). L'ensemble est essentiellement axé sur les canaux avant et peut parfois sonner un peu trop lourdement dans la restitution des dialogues. En revanche, elle se montre parfaitement balancée sur les trois canaux frontaux et le canal de basse parvient à se faire une petite place pour habilement soutenir les différentes ambiances sans jamais agir à outrance. Les canaux surround sont plus en retrait mais parviennent sans mal à restituer les douces mélodies de la bande originale et les ambiances d'arrière-plan. Nous ne sommes pas pour autant en présence d'une piste de référence en la matière et un peu plus de brio sur la centrale aurait été appréciable. La piste DD5.1 québécoise (sans trop d'accent et respectant le timbre de voix d'Eastwood) accuse une clarté plus brillante pour les parties dialoguées et préserve une dynamique très agréable.

Interactivité ❤ ❤ ❤ ❤ /10
L'homme au volant (9mn23 – vost) : Ici, Eastwood nous parle du rapport entretenu entre son personnage de Walt et sa voiture. Les membres de l'équipe nous parlent ensuite de leur première voiture ou de l'importance pour un homme d'avoir une voiture qui le caractérise. Vous l'aurez compris, rien de bien passionnant ici... surtout si vous cherchez quelque chose ayant vraiment un rapport avec le film.
Gran Torino : Plus qu'une voiture (3mn57 – vost) : ce second module est tout aussi insipide que le premier. Chacun pose pour l'image à côté de sa voiture et nous en explique sa relation quasi amoureuse. Mais où est le rapport avec ce merveilleux film ?

La façon Eastwood (19mn17 – vost) : Une featurette qui fait ici office de petit making of et qui se révèle au final bien plus intéressante que les bonus précédents. Eastwood nous parle de son attrait pour le personnage et chacun insiste sur le fait qu'il était parfait pour le rôle, une espèce de continuité à l'inspecteur Harry. On aborde ensuite la communauté Hmong et la transformation du personnage. On nous parle ensuite de la distribution, les difficultés rencontrées pour trouver les bons acteurs dans une communauté Hmong qui ne compte pas énormément de comédiens et la personnalité de chacun.


critique ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ ❤ /10
Présenté fût un temps comme un nouvel épisode de L'inspecteur Harry, ce nouveau Eastwood semblait annoncer le retour d'un Clint antipathique dans une petite oeuvre virulente aux accents seventies qui rendrait hommage à Don Siegel, son maître, avec lequel il a tout vécu (Les proies comme L'inspecteur Harry). Pour ceux qui n'aiment pas la sobriété classique de ses derniers longs-métrages et restent désarmés sans réussir à les apprécier plus que de raison, Gran Torino ressemble un peu à une revanche. Ce nouveau film rappelle que cet artiste-là reste, malgré la sérénité acquise avec le temps, un cinéaste singulier qui n'aime pas brosser dans le sens du poil. La vraie bonne nouvelle, c'est qu'il est susceptible de fédérer tous ses fans, récents comme anciens, réjouis comme déçus. Plus discrètement, on peut y voir une réflexion sur son statut d'artiste, naguère maudit, aujourd'hui célébré par une presse généraliste qui a appris et compris beaucoup de lui depuis Sur la route de Madison.
Chez Clint Eastwood, les personnages disparaissent pour mieux revenir. Un cowboy qui revient d'entre-les-morts pour se venger (L'homme des hautes plaines). Un chanteur de country inconnu de son vivant qui revit par une diffusion radiophonique d'un de ses morceaux (HonkyTonk Man). Un cowboy qui disparaît devant la tombe de sa femme (Impitoyable). Un kidnappeur qui meurt par balle assoupi dans un champ (Un monde parfait). Deux amants qui se rejoignent dans la mémoire d'un amour (Sur la route de Madison). Un condamné innocent qui apparaît avec sa femme et son enfant devant un Clint qui se demande encore s'il s'agit de la réalité ou d'une projection mentale (Jugé coupable). Un astronaute qui git seul sur la lune (Space Cowboys). Une boxeuse déchue qui se souvient du bonheur (Million Dollar Baby). Dans Gran Torino, film raccroché au souvenir et hanté par la mort, le personnage principal, condamné par la maladie, attend de rejoindre son épouse dans une mort prochaine. Hostile à toute rencontre, il marmonne des insanités dans sa barbe, vit seul avec des souvenirs de la guerre de Corée plein la tête et déambule comme un fantôme.
Lui comme comédien ressemble à un Inspecteur Harry à la retraite avec son chien, ses bières et ses flingues. En fait, il incarne tout ce que l'inspecteur Harry aurait pu devenir : un bad guy déprimé et aigri qui a de nouveau envie de décimer une nouvelle génération de racailles faisant dégueuler le hip-hop des caisses et méprisant les vieux. Son entourage veut le placer en maison de retraite (son fils est vaguement manipulé par sa bru) mais il grogne comme un chien méchant lorsqu'on ose prendre des décisions à sa place. Accessoirement, il est veuf, raciste et gerbe sur les étrangers (ses nouveaux voisins en font les frais). Lorsqu'il est obligé de se coltiner un jeune voisin qui a essayé de voler sa Gran Torino, précieusement rangée dans le garage, Clint se transforme alors en "maître de guerre" qui essaye d'inculquer quelques valeurs viriles à sa recrue (apprendre à se faire respecter, oublier sa timidité pour communiquer, réfléchir sur le sens des mots et la manière dont on les prononce) et fait grosso modo comprendre que la Tecktonik ne va pas sauver le monde de la crise financière. Mais rien n'est angélique chez Clint. L'insécurité rôde dans un environnement a priori rassurant. Dès que la violence est sur le point d'exploser, une musique militaire remonte à la surface et rattache le personnage principal à son passé de soldat pendant la guerre de Corée. On ne peut revenir en arrière, faire comme si rien n'était survenu de ce qui est arrivé.
Les regards de requin blanc énervé que Clint Eastwood lance sont exagérés et certains personnages secondaires, proches de la caricature. Mais ces plaisirs coupables renforcent la tonalité étrange d'un film finalement tragique où le vieux Clint ne peut plus sauver les femmes meurtries (c'est le désespoir ultime). Eastwood est pleinement conscient de la dimension bisseuse de son nouveau long-métrage mais c'était la seule alternative possible pour ne pas tomber dans le réalisme sensationnel (avec le grand panneau "sortez les flingues, vous êtes attaqués") ou la complaisance mélodramatique pour les statuettes dorées ("regardez ce pauvre papy méchant sur le point de clamser qui se rachète une conduite"). Gran Torino carbure de manière plus légère (induite par sa rapidité d'exécution) que ses dernières productions. A chaque film, Eastwood a toujours eu besoin de donner à ses personnages une dimension psychologique crédible, de brasser l'étendue des sentiments et des comportements, de ne laisser aucune zone d'ombre aux motivations et aux actions, quitte à en faire un peu trop. A l'arrivée, chaque caractère dans Gran Torino renvoie symboliquement à une époque ou une culture.
L'histoire, construite comme un western moderne, est écrite dans le sang et la haine des autres, des étrangers, des marginaux mais aussi de soi-même. Les préjugés y sont désamorcés mais pas nécessairement comme on le pense. Le récit concentre autant de failles que de menaces, de traumatismes que de plaies jamais cautérisées, mais il est également question de vieillesse et de transmission. Malgré toute l'exubérance formelle qu'un tel sujet réclame, le cinéaste refuse toujours les excès inutiles et s'il se laisse aller à quelques facilités, c'est uniquement pour tordre l'esprit de sérieux. La tension, bien présente, se lit sur les visages crispés, dans des cadres étouffants. Dans la répétition de lieux confinés, sombres ou étroits. Sans que l'on s'en rende compte, Gran Torino ne cherche plus à surprendre, il laisse le tragique s'imposer. Chez Clint, on retrouve toujours cette nécessité de dire des choses complexes avec simplicité, ainsi que tous ses thèmes de prédilection pour les traiter de manière universelle et donc compréhensible par tous : Dieu, la mort, la force, le fantôme, la mémoire, le bien, le mal, la justice, la peine, la douleur, le sacrifice. A la différence que cette fois-ci, sourd une urgence de malade (le film fait moins de deux heures et va à l'essentiel).
Dans ce thriller paranoïaque doublé d'un drame humain expiatoire, ce cinéaste à l'ancienne prodigue un aveu : il est autant l'inspecteur Harry que l'artiste burné qui a osé défendre Les proies de son pote Don Siegel, à l'époque massacré par Universal, en même temps que ce cinéaste féminin qui a proposé l'un des plus beaux mélos US de ces vingt dernières années (Sur la route de Madison). Gran Torino est aussi une oeuvre terminale sur la mort, sur la fin des illusions, racontant le dernier combat de Eastwood en tant que cinéaste, père et personnage mythologique. Chaque plan est composé comme si c'était la dernière fois. C'est une marche funèbre en même temps qu'une affirmation de la vie. L'icône qui se meurt, qui pourtant a besoin de passer le relais. Eastwood est le dernier des grands cinéastes classiques américains. Gran Torino est (peut-être) son dernier film, et il faut voir tout le cinéma qui y vit encore. En attendant ce que l'on sait tous, que l'on craint et que l'on cache par pudeur. Clint ne cache rien. C'est sa grandeur.
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